La Preneuse, historique d’un vaisseau de guerre redouté

La frégate La Preneuse, commandée par Jean-Marthe-Adrien Lhermitte, surnommé « Le Brave », donna bien des cauchemars aux Anglais à cette époque où ils dominaient toutes les mers.

La frégate, lourde et difficile à manier, rentre d’une campagne en mer de Chine en 1798 où elle a coulé une quarantaine de vaisseaux anglais et met le cap sur l’Isle de France (l’île Maurice). Les Anglais tiennent le blocus de Port-Louis et La Preneuse accompagnée de la corvette le Brûle-Gueule, sont aussitôt pris en chasse par cinq vaisseaux anglais. Les bâtiments français se réfugient dans la baie de Rivière-Noire et résistent trois semaines durant aux assauts des Anglais.

Pendant la bataille, Lhermitte, fin stratège, décide de faire débarquer les canons inutiles pour en faire une batterie terrestre, manœuvre avantageuse pour les marins français. La plage sur laquelle furent débarquées les pièces d’artillerie de La Preneuse en porte aujourd’hui le nom.

Malheureusement, en 1799, une nouvelle fois pris en chasse à son arrivée à l’Isle de France, la Preneuse est drossée sur les récifs à hauteur de Baie-du-Tombeau. Immobilisés, pris au piège par les Anglais, les Français n’ont aucune chance. Lhermitte ordonne le sabordage du navire pour qu’il ne tombe pas entre les mains de l’ennemi. La Preneuse gît sur les fonds des océans mais sa légende lui survit.