Le paddle au milieu des tortues

Si vous avez fait la sortie dauphins, vous avez certainement embarqué de Petite Rivière Noire. Cette petite baie abrite un certain nombre de tortues que l’on a parfois de la chance de croiser. Mais là où elles sont légion, c’est en direction de l’ile aux Bénitiers, dans un endroit paradisiaque appelé ilot Fortier. Le terme est quelque tronqué, car il s’agit en fait d’une presqu’ile, mais qui abrite d’innombrables poissons et de magnifiques fonds sableux entourés de « pâtés », ces gros rochers immergés. L’endroit est idéal pour faire du paddle, même si un fort vent rend la pratique un peu plus sportive. Mais la récompense est magique. Jusqu’en mai, et de préférence par mer calme, il suffit de s’amarrer à l’une des bouées et de scruter la mer. Au début, on ne voit que cette étendue paresseuse d’un bleu turquoise, à peine décoiffée par une légère houle. Et puis, tout à coup, une grosse tête verte crève la surface. Un coup d’œil rapide au paddle et à l’intrus que nous sommes, et la tortue replonge. Il faut alors faire preuve de patience, car la demoiselle a du souffle et ne réapparait qu’après 15 bonnes minutes de surveillance tous azimuts. Mais certaines viennent respirer beaucoup plus près. L’on s’amuse alors à compter le nombre de plongeons et à supputer l’endroit de la prochaine apparition. Les jours de grande chance, l’on peut ainsi voir jusqu’à cinq tortues. Et la récompense ultime, suivre en paddle un instant dans une eau transparente, une jeune tortue point farouche. Si la photo est floue, le souvenir, lui, demeurera vivace.