La cueillette des goyaves de Chine

C’est au début de l’hiver austral que les Mauriciens embarquent enfants et « tentes » (cabas) pour aller à la cueillette de ces délicieux petits ou gros fruits rouges, légèrement acidulés; les goyaves. Ces fruits tropicaux font partie du paysage local et arrivent à maturité en mai. On les trouve en abondance sur les plateaux, dans cette magnifique région de Plaine Champagne, qui surplombe le Parc des Gorges de la Rivière-Noire. Chaussés de baskets et d’un pantalon, prenez la direction de Chamarel et grimpez jusqu’au magnifique point de vue de Pétrin, qui offre l’avantage d’un parking sur cette route escarpée. De chaque côté de la route, les arbustes forment une forêt clairsemée. Rentrez directement dans le tas, vous comprendrez vite l’utilité du pantalon en raison des branches peu courtoises et les sentiers trop faciles d’accès sont les premiers à être pillés. Marchez quelques mètres à l’intérieur, là où les arbres prennent de la hauteur et tendez la main. Des grappes de taches rouges déchirent le vert foncé des goyaviers. Mangez les premiers directement, tout bon Mauricien commence ainsi. La pulpe jaune fond sous la langue, délivrant un parfum capiteux et tenace. Mettez-vous sur la pointe des pieds pour courber délicatement une branche et recueillir une goyave particulièrement grosse. Un fruit jaune vif attire votre attention : c’est la fameuse « goyave de Chine de France » (Copyright mauricien), une variété plus sucrée et plus rare. Jouez comme les enfants à essayer de repérer les autres dans cette arborescence sauvage et ramenez le plus de goyaves possible. En confiture ou en marmelade, ou tout simplement avec un « disel pima » (gros sel et piment), c’est juste un péché. Profitez d’un coin d’ombre pour pique-niquer et pourquoi ne pas, profiter de l’air pur et frais pour faire une sieste ?

Crédit photo : la-dit-la-fe.ekblog.com